Article des Echos du 1 mars 2006 :
Spécialisée dans la découverte de molécules pour traiter les infections fongiques et le cancer, la société devrait pouvoir mettre un premier produit en essai clinique.
La société de biotechnologie Cytomics vient de lever un deuxième tour de table de 10 millions d'euros auprès d'Edmond de Rot- schild Investment Partners, Truffle Venture et Société Générale Asset Management Alternative Investment, qui avait déjà apporté à la société 3 millions d'euros en février 2003. C'est un véritable changement d'échelle pour l'entreprise, qui va lui permettre de faire entrer un premier produit en essai clinique.
Cytomics travaille à l'identification des « petites molécules » (obtenue par synthèse chimique), capables d'interférer avec le mécanisme - ou la voie - dite « ubiquitine-protéasome » qui assure la régulation de l'activité des protéines en contrôlant leur concentration dans la cellule. Pour cela, la société a mis au point un outil de criblage automatisé à haut débit basé sur la levure. Il lui a permis d'identifier plusieurs familles de molécules dans les deux premières indications thérapeutiques qu'elle a retenues : les infections fongiques (la voie « ubiquitine-protéasome existe chez les champignons) et le cancer.
C'est dans les infections fongiques que la société est la plus avancée. « Grâce au financement obtenu, nous allons pouvoir terminer les tests précliniques et choisir une molécule pour constituer un dossier d'autorisation d'essai clinique », explique Dominique Thomas, président du directoire de Cytomics. Elle devrait pouvoir entrer en phase I au premier semestre 2007.
« En oncologie, l'objectif de Cytomics est de trouver une molécule mieux tolérée que les molécules concurrentes s'intéressant au même mécanisme », poursuit Dominique Thomas. Y compris celles qui sont déjà sur le marché, comme le Velcade de Millenium, utilisé dans le traitement du myélome multiple, une forme rare de cancer. Cytomics a identifié une classe de molécules dont elle espère qu'elle satisfera cette exigence. « Maintenant, explique Dominique Thomas, il nous faut en optimiser la structure et apporter la preuve de son efficacité sur l'animal », une tâche dont elle devrait s'être acquittée d'ici à fin 2007. Arrivé à ce stade, la société devrait avoir épuisé son financement. Elle pourra alors soit céder cette molécule en licence à un grand groupe pharmaceutique, soit décider d'en poursuivre le développement, si elle réussit un troisième tour de table suffisamment important.
Rigueur et originalité
« Ce qui nous a plu chez Cytomics, explique Gilles Nobécourt, directeur associé, responsable du pôle sciences de la vie chez Edmond de Rothschild Investment Partners, c'est la rigueur et le sérieux de l'équipe - tant au plan scientifique que financier - et l'originalité de leur plateforme de criblage. En outre, le choix des infections fongiques comme domaine thérapeutique réduit un peu le risque associé à l'investissement dans une société à un stade aussi précoce. »
Le risque associé au développement de ce type de produits est en effet plus limité, dans la mesure où les modèles animaux sont assez prédictifs. Si une telle molécule fonctionne chez l'animal et qu'elle est bien tolérée chez l'homme, ses chances d'arriver sur le marché sont grandes. On est donc fixé dès la fin de la phase I. En outre, les besoins médicaux sont très importants en matière d'infections fongiques nosocomiales. La mortalité associée est très élevée (de l'ordre de 35 %), d'autant que des résistances se développent. Le marché, actuellement de 3,2 milliards de dollars, progresse de 5 à 7 % par an, et les acteurs sont assez peu nombreux.
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